Définition du Larousse :

DEUIL : Perte, décès d’un parent, d’un ami

RENONCEMENT : Action de renoncer à quelque chose, cesser de rechercher ce à quoi on tenait, s’en détacher

A la lecture de ces définitions, ce qui apparait dans la « dynamique » de celle du deuil, c’est qu’il y a une notion de subir une situation qui est irréversible et qui ne dépend pas de nous.
Dans celle du renoncement, il est clair qu’il est question de choix.

Je tiens tout d’abord à attirer votre attention sur la notion de douleur qu’engendre le deuil et/ou le renoncement. Il est IMPERATIF de reconnaitre VOTRE niveau de douleur sans vous comparer à qui que ce soit ! cette douleur vous est propre et tient compte principalement de votre vécu, de votre histoire personnelle, de votre bagage émotionnel, de votre généalogie, de votre vision de la vie, de la réalité dans laquelle vous êtes au moment où vous vous retrouvez confronté à cette nouvelle ainsi que de votre rapport à l’événement en lien avec ce deuil, ce renoncement. Je vous invite donc à respecter votre ressenti.

Concernant la durée du deuil et la façon de « l’honorer », il y a différents points de vues, qui, reconnaissons-le, dépendent également de notre culture (cérémonie, rituels de port du deuil, couleur du deuil etc…), je ne vais donc pas m’attarder sur ce point.

Je me propose donc de vous partager ma vision pour essayer de vous aider à traverser le mieux possible ces situations.

J.J FAJEAU dit que "les maladies ne sont que des deuils non achevés…" peut être que cette vision pourra vous donner envie de réussir votre deuil afin de passer à l’étape suivante de votre vie et surtout, vous éviter de tomber en maladie!...

Rassurez vous, la partie concernant ma vision du renoncement sera vraiment très courte 🙂

LE DEUIL

Avant de vous parler des différentes étapes du deuil, je voudrais vous donner ma position quant à la durée de celui-ci (certains diront que c'est une réponse de Normand 🙂...).
Il y a 2 « écoles » >> laissez faire le temps OU se donner une date « limite ».
Je pense que cette notion de durée doit être vue selon l’angle du « fonctionnement » de chacun.
Une personne qui a tendance à procrastiner, sera probablement dans une énergie de laisser faire le temps, un contrôlant, voudra certainement se fixer un objectif daté. Toutefois, selon les statistiques, il semble que la durée moyenne d’un deuil soit d’environ 18 mois…

Pour ceux qui choisissent de se fixer une date, je vous suggère de prévoir une durée limite pour chacune des étapes car le « secret » d’un « deuil complet», est de respecter CHAQUE ETAPE afin d’éviter les rechutes et s’assurer que nous ne sommes pas resté bloquer dans une d’entre elles …

Je pense que nous pouvons considérer que nous avons terminé notre deuil lorsque nous sommes en paix avec l’absence, le manque.

Pour rédiger cet article, je me suis inspirée de différentes lectures et majoritairement des conseils de David LEFRANCOIS (Neurosciences) et des principes de Bioanalogie (tous les événements de vie ont du sens, sont à notre service et sont l’occasion d’accueillir une invitation).

7 étapes du deuil ont été répertoriées :

1.      Le choc

C’est le moment du constat, de l’annonce (même si nous nous y attendions, nous ne sommes pas prêts émotionnellement). C’est un fragment de seconde qui nous paralyse, nous fige. Pour certains, ils sont comme projetés dans une autre dimension.
Il est très important dans cette 1ère étape de prendre le temps « d’accueillir » ce constat, cette réalité qui vient chambouler nos vies. Il faut éviter de prendre une quelconque décision tant que nous n’avons pas repris nos esprits.

2.      Le déni

C’est le moment où l’on se dit que ce n’est pas possible, qu’il y a surement une erreur. C’est une forme de rejet inconscient, une mise en place d’un instinct de survie pour atténuer la douleur de « l’accueil » de cette information inacceptable.
C’est souvent à cette étape que de nombreuses personnes restent bloquées, certains peuvent même entrer dans un deuil pathologique comme par exemple, garder la chambre de l’enfant intact, garder précieusement un objet ayant appartenu au défunt, continuer à faire vivre un rituel etc…
Pour traverser cette étape, je vous invite
1. à allumer une bougie, prendre une feuille de papier, un marqueur et d’écrire en MAJUSCULE la réalité, le constat, le fait.
Cet exercice peut être utilisé dans tous les cas de déni, de non acceptation de ce qui EST et qui ne peut être changé, en tout cas, pas par nous (rupture, perte d’emploi, cambriolage etc…).
ex :  
- Mon mari est mort (pas il est parti ! pour le cerveau cela sous entent qu’il va revenir…que ce n’est pas définitif… ça alimente l’espoir)
- Je me suis fait virer
- Ma femme, mon mari m’a quitté
- Ma maison est détruite
etc….

2. Lire à haute voix et respirer profondément et lentement entre 2 lecture. Lire autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que vous puissiez « entendre » cette vérité. Lorsque vous parvenez à lire votre phrase, mettez une main sur votre cœur et dite avec tout votre amour, ou au moins avec le plus de douceur possible
« j’accepte ce qui est, je ne peux rien y faire. Je sais qu’il me faudra du temps pour retrouver la paix, pour accepter ce qui est si douloureux aujourd’hui ce …./…/….MAIS J’Y ARRIVERAIS.
Toujours avec la main sur le cœur, regardez votre bougie et dite les 4 mots guérisseurs de la méthode OPONOPONO 
  DESOLE – PARDON – MERCI – JE T’AIME

Prenez le temps d'accueillir ce qui se passe en vous. Accordez vous du temps pour laisser ce précieux moment s'inscrire en vous.

3.    La colère

Dans cette étape, la colère peut aller jusqu’à de la violence physique contre soi ou les autres car elle nous renvoie à une situation qui nous confronte à l’impuissance. Il faut trouver un coupable… Ce n’est rien d’autre qu’un instinct de survie. Que nous soyons la personne en deuil ou une personne qui vient en aide à une personne en deuil, il est vraiment important de comprendre cette étape, cette colère n’est pas contre la personne aidante, il s’agit d’une forme de transfert, l »autre » va être assimilé à quelqu’un dans l’inconscient de la personne en deuil, à une personne réelle, capable de permettre à la personne en deuil de se lâcher MAIS, une fois de plus, j’insiste ! c’est un processus de survie…
Dans cette étape, je vous invite à sortir de vous TOUTE votre colère…. Vous savez à quel point j’aime le pouvoir des mots, c’est pourquoi cet exercice sera lui aussi par écrit.

Prenez une feuille et exprimez toute votre colère, lâchez-vous, oubliez le politiquement correct et écrivez TOUT ce qui vous vient ! n’ayez pas peur car très souvent, dans cette étape, il n’est pas rare de se rendre compte que nous sommes en colère vis-à-vis du défunt, nous lui en voulons d’être parti trop tôt, de nous avoir abandonné etc…
Laissez venir ce qui vient sans vous juger.
Lorsque vous avez terminé, prenez un verre d’eau, buvez le lentement puis, ranger cette feuille. Quand vous vous sentirez moins tendu (1h après, le lendemain ou plus tard), relisez-la de façon objective, est-ce vraiment la réalité ? n’y a t-il pas quelque chose d’autre qui est touché en moi ? qu’est ce que ce deuil vient réveiller chez moi ?. Répondez par écrit sur cette même feuille. Relisez la.
Que décidez-vous à présent ? que faites-vous de cette colère ?...
Quand vous aurez terminez, respirez profondément, lentement et quand vous vous sentirez prêt, dites à haute voix
« je renonce à cette colère pour choisir la paix intérieur. Je réalise en relisant ma lettre que cette colère n’est qu’une solution d’urgence pour ne pas souffrir de ce deuil MAIS qu’elle ne résout rien. Je sais qu’en la laissant m’habiter, je me rajoute une souffrance supplémentaire … C’est pour cela que je décide, en pleine conscience, de brûler cette lettre. Je laisse l’univers gérer pour moi cette colère afin que je me consacre à retrouver lentement mais surement MA paix intérieure. Je m’autorise à accepter ce deuil. Je ne fais plus de cette souffrance un frein à ma réalisation personnelle, à mon droit au bonheur».
Brûlez votre lettre en laissant les émotions éventuelles s’exprimer…. Accueillez-vous totalement dans cette étape.

4.      La tristesse (dévalorisation, regret)

Cette phase cache en réalité une peur profonde qui cherche à s’exprimer.
Je vous invite dans un 1er temps à identifier le sentiment exact que cette tristesse exprime, impuissance ?, solitude ?, incapacité à tenir ?, perte du sens de notre vie ?etc….
Ensuite, regardez à quelle peur, qu’elle situation ce deuil vient se confronter.
Une fois cette peur identifiée, regardez toutes les fois où vous avez su trouver les ressources nécessaire pour la dépasser, quels enseignements avez-vous pu en retirer. Listez toutes les fois où vous avez vécu des moments difficiles et que vous avez réussi à traverser cette épreuve, qu’est ce que cette étape vous a « appris », apporté ?.
Que ressentez-vous dans ce nouveau constat ? Laissez-vous porter, accueillez cette sensation sans culpabiliser si jamais elle vous semblait « agréable » et/ou non adaptée….

5.      La résignation

Cette étape est celle du choix de cesser de lutter, d'accepter de s'adapter à cette nouvelle vie, cette nouvelle réalité. Vous comprenez que vous ne pourrez plus retrouver l’être perdue…
C’est donc une opportunité pour se repositionner.
Je vous invite, à franchir cette étape en pleine conscience, en prenant le temps de lister, une fois de plus, le plus objectivement possible, toutes les choses qui vont bien dans votre vie. Prenez du recul pour essayez de voir ce que cette absence, cette nouvelle donne a changé dans votre quotidien. Ce deuil vous « invite » à comprendre quoi dans votre fonctionnement ? il vous permet de découvrir quel potentiel « caché » en vous ?...

6.      L’acceptation

C’est l’étape où vous vous sentez capable d’accepter de reprendre goût à la vie. C'est celle où vous réalisez qu'accepter ce deuil ne veut pas dire oublier ...mais vivre ave  l'absence...C’est d’être capable de garder les bons comme les mauvais moments sans faire de tri, sans éviter le sujet. La guérison commence à cet instant précis, celui où vous êtes enfin capable de vous accepter dans ce constat et donc capable désormais d’envisager la vie, l’avenir sous un angle moins douloureux, moins « défaitiste », moins triste….
Je vous invite, à écrire en MAJUSCULE (tout comme l’étape n°2) la phrase suivante :
ex :
« j’accepte le décès de …. et je choisis de vivre ma vie »
« j’accepte que mon conjoint m’ai quittée et je décide de m’ouvrir de nouveau à l’amour »
«J’accepte que je n’ai plus de travail et je choisis de rebondir en découvrant mes ressources pour oser enfin changer de carrière »
Etc…

7.      La construction

C’est l’étape où vous allez mettre en place un plan afin de réorganiser votre vie en tenant compte de cette nouvelle réalité. C’est « l’occasion » de se découvrir de nouvelles ressources jusque là non utilisées (par exemple cf. les « évidences » découvertes dans l’étape n°4). C’est également oser se positionner sur une éventuelle nouvelle direction à prendre. C’est l’occasion de revoir vos priorités dans votre vie, votre place dans la société, la famille, la vie professionnelle etc…
C’est le fameux moment où vous choisissez de vivre, vous choisissez d’accomplir des choses OU, vous préférez être un « zombi », porter cette souffrance et priver les autres de votre présence….
Alors !! QUE CHOISISSEZ VOUS ?

LE RENONCEMENT.
Comme nous l’avons vu dans la définition, la notion de renoncement est en lien avec le choix…Quel est ce choix si douloureux auquel vous êtes confronté? A quelle croyance, quelle peur les conséquences de ce choix vous renvoient elles?
Pourquoi ai-je associer DEUIL et RENONCEMENT ? et bien parcequ’il s’agit de faire le deuil de ce a quoi nous renonçons… en d’autres termes, renoncer c’est effectivement choisir (comme le dit si bien le célèbre proverbe) MAIS, pour que ce choix ne soit pas douloureux, il faut être en paix avec celui-ci et s’y investir à 100%.

Si je devais faire court, pour vivre sereinement le renoncement, je dirais que renoncer c’est

ASSUMER SON CHOIX et ACCEPTER DE MANQUER A L’AUTRE CHOIX, OPTION

Faire son choix par envie et non par peur, par respect de notre opinion et non pour faire plaisir à l'autre, aux autres sont des bases indispensables pour se positionner.
Il est également important de comprendre que ce choix que nous allons faire doit être celui qui nous semble être le meilleur pour nous, en tenant compte de la réalité de l'instant (nos croyances, notre état d'esprit, l'émotion que chaque option réveillent en nous...).

J’espère que cet article pourra vous aider, ne serait-ce qu’à identifier l’étape dans laquelle vous vous trouvez actuellement. J’espère également que les exercices proposés pourront vous y aider.
Je vous rappelle à nouveau que ces exercices peuvent vous être utiles pour toutes les situations « nécessitant » un deuil.
Prenez soin de vous, soyez dans la bienveillance pour VOUS.