Après trois ans

Ma chère Paula,

Cela fait bien longtemps que je ne t’ai pas écrit d’article, alors voilà, j’y remédie.

Ce mois-ci, le 28, ça fera trois ans que nous faisons ce chemin ensemble. Non,  je n’ai pas honte du mot “thérapie” mais je trouvais plus poétique de le dire comme ça.

Force est de constater que du chemin, justement, il y en a eu de fait. Tu as mis une belle claque à la sacrée sceptique que j’ai été, bon je t’ai quand même aidé un peu car je suis une super padawan! 😁

D’ailleurs, elle me paraît si loin cette Sophie! Aujourd’hui, je me sens délivrée d’une famille qui n’a jamais su voir qui j’étais vraiment ou, au contraire si, mais je leur renvoyais en pleine tête tout ce qu’ils n’étaient pas. J’étais l'écho de leurs manquements, leurs tares, leur déshumanité. Mais à l’époque je ne le ressentais pas comme ça. Tout ce qui m’habitait, me rongeait c’est que j’étais si exclue, seule et mal-aimée. Et, toute cette maltraitance physique, intime et morale ne faisait qu’enfoncer le clou que je n’étais rien et que ça ne prendrait pas de fin.

Je me sens délivrée de cette bulle qui m’étouffait, empêchait mon moi fondamental de respirer, me brimait et m’essorait pour me vider de toute l’essence qui me faisait. Cette petite fille si pétillante, joyeuse, rigolote, avide de connaissance, si créative, pleine d’Amour et de compassion. Elle n’existait plus. Ou si, justement, car c’est elle qui m’a tenu, dans le secret, à bout de bras pour me garder sur le bon chemin et me faire rester droite dans mes baskets. Mais je n’en avais pas conscience. Je me sentais finie avant même d’avoir pu commencer quoi que ce soit. Je voyais déjà ma vie toute tracée, plutôt un ersatz de présence vide comme pour peupler la terre, une de plus, dire que j’étais là mais pour gonfler les statistiques. Pas pour être la vraie personne que je suis redevenue avec ton aide.

Et aujourd’hui, riche de nos trois ans de suivi, je suis plus proche que jamais de celle qui est la vraie moi. Je vois l’horizon se rapprocher chaque jour. Le soleil brille de plus en plus fort sur mon Avenir. Je me sens, moi. Je me sens tout autant renaître et éclore. Renaître car les abysses qui retenaient ce dont j’avais conscience d’être ne sont quasiment plus existantes. Je ne leur donne que bien peu de temps de reste de vie. Éclore car émergent de mon Être des aspects que je ne connaissais pas. J’en apprends sur moi-même tout autant que j’en apprends sur la VIe, la Vraie. Je vis comme une deuxième adolescence. Ou plutôt tu aides à permettre à vivre celle qu’on m’a retirée lorsque j’étais en âge de l'expérimenter.

C’est si beau, de goûter au renouveau à 35 ans! C’est si beau d’être capable d'émerveillement à l’âge adulte. Je me demande même si ce n’est pas là une chance d’expérimenter toutes ces choses à un âge où j’ai finalement tant de maturité et de recul par rapport à une enfant! C’est comme un tour de chance avec un pompon à la fin. Tout est vécu avec deux fois plus de clairvoyance, de conscience, de sagesse, de plaisir, d’envie. La polarité positive du manque de tout c’est que quand notre Vie change, quand la Paix et le Bonheur vous habitent enfin, vous avez tellement conscience de la chance que vous avez, que ce n’est pas acquis et que tout peut s’envoler, tout peut avoir un point final que vous en profitez deux fois plus, avec toute la hauteur de gratitude qui devrait accompagner tout ce qui comble notre coeur!

En ce début d’année 2019, je me sens, moi, Sophie comme une femme, un être vivant. Je sens qu’en moi la Paix à chasser la guerre. Je sens que dans ma Vie, le jour à chasser la nuit. À 32 ans, je suis née une seconde fois. À 35 ans, je découvre que ma place est confortable, sécurisée et prometteuse, tellement prometteuse! Merci Paula!

 Sophie