Dimanche soir, je me fais une joie d’être le lendemain. En effet, je vais passer la journée avec Paula. Je prépare ce que je dois lui apporter et le sort en décide autrement! 

Trois mois que je n’avais pas eu de grosses crises, trois mois que je vivais globalement en paix, la douleur chronique se faisant plus docile, j’étais heureuse. Mais ce soir-là, le couperet tombe!

Plus précisément c’est la veille, dans la soirée, que le mal perfide est arrivé. Il a commencé par me ronger la tempe, le front, l’arcade, l’oeil, l’oreille, la pommette, la joue. Le tout à gauche. Je suis alors allée me coucher sans trop me formaliser, avec Paula nous avions trouvé quelques petites astuces pour soulager les crises. Je nous pensais même en passe de les éradiquer alors j’avais perdu la main pour ce qui était de l’endurance face à ces affreuses bêtes. 

N’imaginant pas qu’elle durerait plus de vingt-quatre heures, j’ai fait joindre ma tête à l’oreiller comme on pourrait joindre l’utile à l’agréable en partant dans mon monde imaginaire où tout va bien, je vais bien. 

Mais la douleur est permissive, elle s’octroie tous les droits, y compris celui de vous ruiner la journée que vous attendiez la plus du mois. En effet, le Lundi matin, toujours en crise, pas la même, plus forte et plus aiguë, déplacée, mais bien là. Terriblement là.

Je préviens donc Paula que je ne pourrais pas venir, du moins en début de matinée. L’espoir faisant vivre, je vivais de me dire que notre rendez-vous ne serait tronqué que de quelques heures, mais non. Là est toute la rêverie. Ça reste dans les vapes, un peu comme moi ce jour-là.

Nous arrivons à ce que je voulais vous dire. Paula ne s’est pas contentée d’acquiescer et de me servir le sempiternel «courage, tu es forte». Elle a fait montre d’une réelle compassion. Je pense sincèrement que j’aurais moins bien géré ce retour aux mauvaises sources si elle ne m’avait pas envoyé messages et ondes réconfortantes. 

Dans son premier message je la sentais vraiment concernée par mon mal-être, je sentais la peine quelle avait à me savoir dans cet état. 

Dans le deuxième, sans que je ne lui demande rien, elle a essayé un soin à distance. Malheureusement j’avais peut-être trop mal pour qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit de là où elle était, nous n’habitons pas proches l’une de l’autre (à mon grand regret) et ça n’a fonctionné que légèrement (c’était toujours ça de prit) mais de voir qu’elle tentait quelque chose d’elle-même m’a vraiment touchée. Dans ces moments-là, vous qui souffrez, vous savez comme l’attention de quelqu'un peut jouer dans notre mieux-être.

De mon côte, trop accablée par cette injustice, je n’avais qu’une envie, de pleurer. J’avais faits tout ce qui était possible pour que cette vérole parte. Rien, elle persistait et résistait.

Alors, sous le conseil de Paula, je laissais couler mes larmes. Je laissait glisser sur mes joues, la douleur insupportable, cette belle journée tombée à l’eau, celle qui tombait du ciel (décidément que d’eau), et ça, et ça aussi, etc.. Et en fond, toujours Paula et sa bienveillance. Paula et les mots justes.

Il y a eu d’autres messages mais Paula et moi étant amies, vous comprendrez que je ne peux pas tout vous répéter. Mais il y a eu une chose dont je veux vous parler!

 

Le Whattsapp! Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une application qui permet d’envoyer des messages oraux et écrits. La base de la Bionalagie c’est qu’elle ne doit pas se comprendre, s’entendre et s'interpréter avec le conscient mais se laisser pénétrer dans l'inconscient. Pour un peu et on n’aurait rien à faire d’autre que de parler et écouter.

 

J’allais donc me recoucher après avoir pris un repas de fortune quand mon téléphone m’indique que j’ai reçu un message vocal. - Paula et ses idées de génie- Je l’écoute, et les larmes tombent, encore, mais cette fois de joie. Si peu de fois j’ai entendu ce quelle m’a dit. Savait-elle que j’avais besoin de l’entendre maintenant, le savait-elle alors que moi-même je l’ignorais?...

 

...La magie opéra! Après cette deuxième séance de pleurs, m’être sustenté, je suis retourné me mettre à l’horizontale. Je me suis endormie presque aussitôt et au réveil je me sentais mieux. La crise était toujours là en fond à trépigner des pieds mais Paula avait frappé le sol de mon esprit plus fort. Je me suis levée, une guimauve s’est levée devrais-je dire. Je tenais debout, ma tête me lançait beaucoup moins. La douleur était lointaine et ne m'empêchait plus d’être. Ma journée commençait. Celle des autres se terminait. J’étais heureuse d’être debout, en décalage, mais debout. Alors qu’importe?

 

Je vous écris au lendemain de cette pause détestable. La crise est partie. La bonne humeur est revenue. Le soleil l’accompagne. Je vais m'apprêter pour aller au sport, je n’y suis pas allée depuis trois jours alors la joie m’habite d’y remontrer ma frimousse rougissante. Et à Paula. Qu’est-ce que je lui dis à Paula? Merci? Mais qu’est-ce qu’un merci face à une telle dévotion? Je ressens tellement plus. Et les mots sont tellement moins!

Mais, merci quand même Paula.

 

Tophe Harper.